Le mulet et le paysan.

Le mulet et le paysan.
L’histoire pourrait commencer par, il était une fois dans les années 1950 ?
Un brave paysan derrière sa charrue avec son aiguillon, faisait avancer son vieux mulet pour tracer le sillon dans son potager.
S’arrête au bord du chemin, un cube Citroën, bardé de réclames (tout pour le jardin), en descend un technicien en blouse de travail, le paysan arrête son attelage.
Bonjour monsieur: dis-le technicien, votre mulet à l’air bien fatigué de tirer la charrue.
L’homme le béret cassé sur le front le mégot au coin des lèvres lui répondit par un haussement de tête.
J’ai dans mon fourgon un engin qui peut vous rendre un grand service pour retourner votre terre, un motoculteur, voulez-vous que je vous fasse une démonstration.
L’homme esquissa un haussement d’épaules, q’al veire ? (il faut voir ?)
Le technicien aussitôt fit glisser deux planches du fourgon, pour en descendre l’engin, qu’il plaçât au bout du champ, le soc planté dans une terre noire, bien meuble, du terreau presque, il poussât les gaz et l’engin démarrât en douceur dans une pétarade bien régulière, jusqu’au bout du sillon. Que pensez-vous de ce travail là ?
Le monsieur :Oh ! péta, péta, plan !… (Ho ! il pète, il pète bien ! ) Voulez-vous l’essayez : aqu’ô cé pot ( cela peut se faire )Et le monsieur se mit aux manches toujours avec son aiguillon à la main, tapota sur la machine Hu ! Hu !. mais non, il suffit de pousser la manette des gaz, dit le technicien, et l’engin démarrât tout en douceur, et tout le long du sillon le brave homme ne pouvait pas s’empêcher de dire Huti ! Huo pour le faire aller à droite ou à gauche. Alors quant pensez-vous ? .Oh ! péta, péta, plan !… (Oh ! il pète, il pète bien !) Mais êtes-vous satisfait du travail de cette machine ?.Oh ! qu’es si, péta, péta, plan !… (Oh que oui ! il pète, il pète bien !Et au même moment, le mulet qui broutait un pied d’herbe dans l’indifférence de la pétarade du motoculteur, leva la queue et laissa tomber un beau tas de crottins.’Oh ! qu’es si, péta, péta, plan !… ( Oh que oui ! il pète, il pète bien !) répéta l’homme.
Mais bezés jun homma, péta plan, mais caga pas ? (mais tu vois jeune homme, il pète bien, mais il ne chie pas.)Justement, vous n’aurez plus besoin de nettoyer l’étable, sortir le fumier, vous lever à 6h du matin pour le faire boire trois fois par jour, et 365 jours par an et le dimanche et jours de fête. Le motoculteur lui une fois que vous avez fait le travail vous le garez dans l’étable une toile de jute dessus et il ne vous demandera plus rien jusqu’au prochain travail.
Et l’homme secoua la tête, tout en essayant de rallumer son mégot avec son briquet à mèche, sans succès. Mais il savait bien que l’âge étant là, son mulet n’allait pas tenir le coup longtemps pour tirer la charrue. Alors, il se laissa convaincre, pour acheter le motoculteur. Les deux hommes se rendirent à la maison s’assirent autour de la table, pour signer le contrat, la maitresse de maison posa sur la table une bouteille de vin blanc et deux verres et que l’homme remplit. Après un petit marchandage sur le prix, une frappe par les mains et l’affaire fut conclue.Le marchand lui proposa même d’ouvrir un compte pour avoir droit à un crédit. Et l’homme devint rouge de colère, Jamaï entendes jove òme, balharai mon argent onestament ganhar à qués cols blanc corbatar, vesètz pòdi paga, crompi si non esperarai, veiretz un jorn dins las banca a qués cols blanc corbatar qué joguem à las borsa amb ton argent té desrocaran é quitament desrocaran lo païs.( jamais tu entends jeune homme je ne donnerai mon argent honnêtement gagné à ces cols blancs cravatés vois-tu, je peux me le payer j’achète, sinon j’attends, tu verras un jour dans les banques, ces cols blancs cravatés, qui jouent à la bourse avec ton argent te ruineront et même ruineront le pays.) Le marchand comprit vite qu’il ne fallait pas insister et se quitter en bons termes.
Le motoculteur prit donc la place du mulet. Le mulet fut mis en liberté pour finir ces jours, dans une ferme spécialisée qui garde les animaux,trop vieux qui ne peuvent plus travailler. Comme de nos jours on enferme les hommes dans une maison dite de retraite, quand ils ne peuvent plus rendre service à la société, et à qui on ponctionne quand même toutes leurs petites économies faites pendant toute une vie de dur labeur. Et tous les voisins les uns après les autres achetèrent des motoculteurs pour cultiver leurs jardins potagers. Mais voila, il n’y avait plus le tas de fumier au fond de la cour a chaque maison, ce fumier qui rendait la terre bien noire et la nourrissait si bien, pour que poussent de beaux légumes. Alors, la terre a commencé a blanchir, devenir de plus en plus aride aux fils des ans, si bien que les légumes poussaient de moins en moins bien et restaient tout rachitiques, il n’y avait plus assez de rendement pour nourrir la famille et les autres animaux, volaille, cochons, lapins. Alors, on finit par abandonner toute la basse-cour et il y eut encore moins de fumier. Les années passant, petit à petit les jardins devenaient des pelouses, et les motoculteurs furent remplacés par des tondeuses à gazon.Il y avait plus de trente jardins potagers dans notre quartier, je vous les laisse compter aujourd’hui?.Dans nos petits villages ruraux, lotissements et maisons poussèrent comme des champignons. De nouveaux résidants arrivaient, toutes les parcelles étaient clôturées, par un petit mur surmonté d’un grillage, et parfois, une palissade pour être caché de son voisin, le samedi et dimanche c’était les pétarades des tondeuses et autres outils à forts décibels, les désaccords de voisinage commençaient, tout le monde dérangeait tout le monde, si bien qu’il fallut instaurer des horaires pour l’utilisation des engins bruyants.
Même le vieux coq qui poussait son cocorico à 6 heures du matin pour nous annoncer une journée qui commence, qui avait été sauvé de la basse-cour, fut condamné par le tribunal à finir dans la casserole en coq au vin. Dans certains petits villages Il fallut même désactiver les cloches de nos églises, parce que le bruit dérangeait, les cloches qui nous annonçaient les heureux, comme les douloureux évènements, ainsi que le carillon de l’horloge qui égrenait les heures de la vie.
Notre brave homme était de plus en plus fatigué, assis sur son fauteuil en osier, à l’ombre sous le porche de sa maison, il comptait les rares hirondelles posées sur le fil électrique, qui de temps en temps prenait un envol pour happer un insecte sauvé d’un insecticide. Il pensait que du temps de son mulet dans l’étable des dizaines de nids d’hirondelle étaient collés aux poutres du plafond, elles ne sont plus revenues à l’arrivé du motoculteur, il n’y avait plus d’insecte à happer.
Voyant passé dans un vrombissement ce tumulte vas et viens de voitures souvent sans raison, dans sa somnolence, il pensait qu’il valait mieux sentir la forte odeur de (merde) qui venait du tas de fumier du fond de la cour, que de respirer l’odeur de toutes ces fumée d’échappement, chargées de monoxyde de Carbone (co), qui vous sclérose les poumons, le foie, et le cerveau, et remplissent les hôpitaux de malades avec de nouvelles maladies, mais qui font le bonheur des laboratoires qui inventent toujours de nouveaux médicaments pour vous soigner, au détriment de notre bonne vielle sécurité sociale, qui est complètement ruinée, mais pour le bonheur du CAC 40 sur lequel les laboratoires, placent en bourse leurs bénéfices.
A l’indifférence totale de la trépidation, de tout ce tumulte le brouhaha de la vie active.
L’homme somnolait sur son fauteuil, et dans sa tête repassait tout le film que fut sa vie, et comme la flamme d’une bougie qui n’a plus de cire pour être alimentée, l’homme s’est éteint emportant avec lui tous les bons et mauvais souvenirs que fut toute sa vie sur terre.
Adieussiatz Moussu. ( Adieu monsieur)
H.L.