Tout le monde connait ou a entendu parler de la grande-Motte, grande station balnéaire, avec ses 10000 habitants 100000 en période estivale et 2 millions de passages chaque année.
Mais qu’y’avait-il avant dans les années cinquante.La grande-Motte Hérault 34280 Dans les années cinquante. Située entre Carnon plage et le Gros du Roi, du canal du Rhône à Sète et la méditerranée, un grand Mas de plusieurs centaines d’hectares recouverts de marécages et surtout de vignes, des grandes dunes sauvages longent la mer. Sur le mas une dizaine de bâtiments sont regroupés autour d’une chapelle désaffectée surmontée d’une cloche, qui servait de rappel aux ouvriers qui œuvraient dans les vignes.

Et une maison imposante où logeait le régisseur du domaine.
Un peu éloigner du mas un grand bâtiment tout en longueur était la cave, meublée d’énormes foudres de chêne qui servaient à la fermentation des vendanges et stockage du vin. Pour joindre la grande-Motte depuis Carnon le seul chemin carrossable, était le chemin de halage, il n’y avait pas de route, ou suivre la plage sur le sable trempé. À quelques mètres de la maison du régisseur, un imposant moulin à vent alimentait une réserve en eau douce et canalisée dans toutes les maisons du mas.
L’électricité était fournie par un gros groupe électrogène couplé à des batteries, mais attention à 22 h extinction des lumières vous vous trouviez dans le noir, mais une petite lampe a carbure finissait de nous éclairer les soirées. Un seul téléphone à manivelle (magnétique) reliait le mas au reste du pays, il se situait au ramonnétage (sorte de local qui faisait office de bistro et de cantine pour les ouvriers).

Dans un autre bâtiment logeait le caviste (de nos jours l’œnologue) et sa famille, adjoint au régisseur, il était responsable de la cave. Un grand bâtiment abritait les ouvriers célibataires au rez-de-chaussée, a l’étage servait de dortoir pour les vendangeurs. Dans d’autres bâtiments logeaient des familles attitrées, il y avait aussi une grande écurie qui abritait une quinzaine de beaux chevaux de trait dont un homme avait la responsabilité, et bien sûr des hangars pour la paille et les foins. Un garage où œuvrait un mécanicien, pour la réparation des machines et outils. Une longue allée de peupliers séparait la grande de la petite Motte et par ce sentier nous allions a pieds a la mer après avoir traversé les grandes dunes sauvages ainsi que la plage ou il n’y avait jamais âme qui-vive.
Au milieu des vignes, deux énormes pins parasol nous donnaient de bonnes pignes. Il était parait-il interdit de les couper ils servaient de repère pour l’aviation.

À la saison des vendanges, s’était l’effervescence au mas, un car descendait de la Lozère avec une équipe de vendangeurs, il fallait assurer pendant trois semaines le ramassage du raisin pour cela aligner 44 coupeurs une dizaine de porteurs, plus tous les travaux de fonctionnements. Il y avait par exemple une équipe qui se nommait les cheminots était chargée de déplacer les portions de rails d’un clos dans un autre, le raisin était acheminé par des wagonnets qui roulaient sur des rails, la raison de se transport est que le sol n’était que du sable fin et aucun autre moyen de transport n’aurait résisté sans ce planter. Quand un convoi de 10 ou 15 wagonnets était près, tiré par des chevaux et acheminé vers la cave, pesé et renversé dans un fouloir, une autre équipe aussi était utilisée pour les travaux à la cave.
Par les beaux jours d’été quelques Montpelliérains venaient pique-niquer le dimanche à l’ombre rafraichissante du petit parc et la journée se terminait par de longues parties de pétanque, tout cela faisait l’animation du mas de la grande-Motte. Après les vendanges était organisé une grande partie de chasse, du perdreau, faisan et lapin à foison. Malheureusement 1952/53 la communauté de lapins est décimée par la myxomatose, et les ouvriers du mas sont commandés pour ramasser à coup de pleines brouettes les lapins morts afin d’éviter une infection.
Mais aussi un autre prédateur guettait l’être humain, le moustique avec tous les marécages et point d’eau il y avait des nuages de ces petites bêtes très désagréables, alors couper le raisin avec les manches ficelés au poignet et aux chevilles le reste du corps enduit d’une huile pour les éloigner, plus la chaleur, ce n’était pas toujours la fête de vendanger. Par contre, il y avait des jours ou ont ne voyait pas l’ombre d’un moustique, il suffisait que le souffle d’une petite bise et nous en étions protégé, enfin toutes les ouvertures des maisons portes et fenêtres étaient protégées par un moustiquaire.
Pour le ravitaillement du mas toutes les semaines jour de marché à Montpelier la camionnette transportait les femmes au marché, et rentrait le soir avec leurs provisions et des pains de glace pour garnir les glacières et oui pas encore de réfrigérateur puisque pas l’électricité. Enfin comme dans toutes les campagnes isolées, les commerçants ambulants faisaient la tournée boucher, épicier, boulanger.
Pour l’éducation les premières années les enfants faisaient plusieurs kilomètres sur le sable pour joindre une classe d’école au mas de la haute-Plage.
Ainsi se déroulait le quotidien de la vie au domaine de la grand-Motte. La première liaison routière de Carnon plage au Gros du Roi fut réalisée sur l’alignement des grandes dunes, un peu contestée a l’époque pour la détérioration du site, mais un soulagement pour la liaison des cinq ou six mas quelle desservait.

Voila qu’un imprévu de la nature tombe sur le pays les grandes gelées de 1956 et les vignes de la grande-Motte n’y résistent pas il fallut se rendre à l’évidence tout arracher, pendant plusieurs mois les ouvriers furent occupés à l’arrachage et nettoyage du domaine. Puis tout le domaine fut replanté en peupleraie. Les plus anciens ouvriers restaient pour faire l’entretien et prendre leur retraite, les plus jeunes furent remerciés et trouvèrent un autre emploi y comprit le régisseur.

Alors me direz-vous, mais que vient faire le domaine de la grande-Motte sur le site de Dieupentale d’hier à aujourd’hui. Tout simplement parce que le régisseur de cette époque-là dans les années 50, était une personnalité Dieupentalaise.

Ici trois familles de Dieupentalais, sont les premiers envahisseurs de la grande-Motte Plusieurs kilomètres de plage et les grandes dunes pour nous seuls. Ce qui valut à un certain nombre de Dieupentalais et Dieupentalaises de voir la mer pour la première fois et découvrir un aussi grand domaine à coté des petites parcelles que nous avions sur la commune. Et pour moi-même de participer aux vendanges, ce qui me permit de gagner mes premiers sous pour acheter ma première bicyclette, et enfin des découvrir la mer et y passer mes premières vacances. Quelques septuagénaires et octogénaires peuvent encore se souvenir, de ce qu’était la vie à la grande-Motte dans les années 50 ? Avant que tout cela devienne à partir des années 1960 la grande station balnéaire de nos jours. Plus de 100.000 habitants en saisons touristiques, 2 millions de touristes qui passent chaque année.
Hubert Lacoste.


Toute cette partie du littoral était en train de devenir une zone sauvage et inutilisée.
À partir des années 1960 et de la mission Racine, la Grande-Motte devient une station balnéaire créée ex nihilo avec immeubles, port de plaisance, campings… L’objectif était de détourner les touristes des destinations espagnoles de l’époque.
À la Grande-Motte, l’architecte Jean Balladur rompt avec la tradition de l’architecture pittoresque des Villes balnéaires qui privilégie le palace de luxe et le Grand Hôtel, la promenade du bord de mer bordée de palmiers, le casino ou les thermes pour une clientèle aisée qui y prolonge sa saison mondaine.
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