Un petit rappel aux souvenirs en cette période du 19 mars

Pour notre génération tout commence dans notre jeunesse, âgé de 17 et 18 ans convocation pour le conseil de révision (qu’es à qu’ô)?…

Explication, pour ceux qui n’ont pas connu.
1958-59, qui ce souvient ? c’était le temps du conseil de révision (et la folie de la vespa).Les conseils de révision furent institués le 29 août 1805. Dans chaque département siégeait un conseil de révision composé du préfet, de représentants du conseil général et du conseil d’arrondissement, d’un officier général ou supérieur.

Le conseil se déplaçait dans les différents cantons. Il était assisté d’un membre de l’intendance, du commandant du recrutement et d’un médecin militaire. Pour chaque canton, était dressée une liste du recrutement indiquant les conscrits bons pour le service, les engagés volontaires, les dispensés et les ajournés. Le commandant de recrutement dressait les registres matricules à partir de cette liste.
Les conseils de révision ont fait défiler devant eux, pendant un siècle et demi, des millions de jeunes Français dans le plus simple appareil.
Les conscrits nés en 1948 furent les derniers à passer sous sa toise.


1962-2024 :62 ans et les souvenirs sont toujours dans nos mémoires.
Nous avions 20 ans, et le destin, de toute cette jeunesse était le service militaire et via l’Algérie. Un jour le facteur vous apportait un courrier, ordre d’incorporation, la plus part de tous ces jeunes étaient déjà dans la vie active, il n’y avait pas a cette époque le passage par le chômage et l’ANPE. Ce courrier vous (sciait) les jambes vous n’aviez plus envie d’aller au travail, il fallait ce rendre à l’évidence partir faire le service militaire donc la durée n’était pas fixée. Le rituel était 4 mois de classe en France et embarqués pour l’autre côté de la méditerranée. Pour nous habituer à être séparés de la famille, on vous envoyait de l’autre bout de la France.

Casserne Rabier Sarrebourg Moselle
Pour ma part, s’était au 37° RI de Sarrebourg centre de formation prés AFN.

Une seule permission au terme de 2 mois et une à la fin des 4 mois de classe, et via Port-vendres où Marseille là vous attendait le VILLE D’ORAN où le VILLE D’ALGER pour une traversée qui pour le plus par d’entre nous c’était la première fois que nous mettions les pieds sur un bateau. Après 36h de tangage vous arriviez en vue d’un port où était peint en grandes lettres sur le mur (ICI LA FRANCE) peut-être avions nous l’impression d’avoir fait demi-tour au cours de la traversée. Mais non c’était bien une autre odeur que nous sentions, il faut dire que ce pays a bien une odeur particulière quant on y débarque pour la première fois.

Département d’Oran Scène typique une vieille rue

Au débarquement, nous étions accueillis par des convois militaire pour être incorporés dans notre nouveau régiment, pour ma part direction le 19ème BCP dans un petit bled du mom de Bou-Hanifia.

Bou-Hanifia Bou-Hanifia la place Bou-Hanifia à quelques centaines de km d’Oran.

Arrivés au bled surprise nous n’étions pas dans une caserne mais dans des maisons civiles répartis dans deux parties du village le haut et le bas. Nous étions à la CCAS, nous allions recevoir notre nouveau paquetage puisque nous passions de la tenue verte au au bleu-marine, puis nouvelle affectation répartis dans la 1ére, 2ème, 3ème compagnie.

Hôtel Thermal vue générale.Je fus affecté sur place, CCAS section GRO.

Puis visite guidée du bled, par le pont nous traversons l’oued pour rejoindre le haut du village, nous longeons un imposant bâtiment au millieu d’une végétation verdoyante, nous apprenons que c’est un hôtel thermal.

L’équipe La tour de garde Tout en haut du village une église,des bâtiments qui ressemblaient à une école,

accolée à léglise un autre bâtiment, le presbytère et devant garés en épis trois blindés équipés de deux mitrailleuses. Ce fut là mon affectation le GRO (groupe de reconnaissance et d’observation) nous logions dans le presbytère. notre fonction esccorter les convois de ravitaillement pour les autres compagnies, le blindé était équipé, du contucteur, le chef de bord, et deux mitrailleurs. A tour de role une équipe était détachée à la 1ère compagnie.

Mascara, là nous faisions des patrouilles la nuit dans la ville, tant européenne que Arabe, il nous arrivait parfois que sur le coup de

4h du matin nous étions saisis par le froid, il faut dire qu’autant il faisait chaud la journée et très frais la nuit. Alors pour nous réchauffer nous allions frapper à la porte d’un fournil d’où venait une bonne odeur de pain chaud: <tout va bien boulanger>< ça va!…> et nous avions droit à un pain tout chaud une tablette de chocolat et accompagnée d’une une pils cela nous permettait de nous réchauffer pour finir la patrouille de nuit avant d’aller nous coucher au lever du jour.

La mission qu’on nous avait inculquée pendant les classes, vous allez là-bas pour faire de la pacification et du maintien de l’ordre.

Il nous arrivait aussi de patrouiller dans un domaine agricole, les propriétaires avaient reçu des menaces. Je peux vous dire que nous avons fait des cures d’oranges, a quelles étaient bonnes les oranges muries et cueillies sur l’arbre.Dans les plaines de Mascara, beaucoup de vignes, d’agrumes, et d’oliviers.Il nous est arrivé aussi de patrouiller devant une salle des fêtes pour protéger un mariage là nous avions droits à l’apéritif et petits fours. Enfin, toutes les patrouilles n’étaient pas toujours aussi agréables.

Ce qui nous a beaucoup surpris en arrivant dans les grandes villes principalement côté Européen toutes ses rues fermées par une clôture de plusieurs couches de fils barbelés.

Mais je reviens à l’anecdote que je voulais vous raconter.
Pendant que j’étais en détachement à Mascara, à Bouhanifia il y avait un nouvel arrivage d’appelés comme tous les quatre mois. Et là un nouveau chasseur est entré dans la chambrée, premier réflexe lire la liste des noms des occupants de la chambrée et surprise mon nom figurait sur la liste, vite pose la question, ce gars il est pas de la région de Toulouse?…si si répondent les autres occupents. <putain!..> il est de mon village ce mec. Nous avons usé le cul de culottes sur les mêmes bancs de l’école communale, joué au ballon et cherché les grillons dans le même près, appris à monter en vélo dans la même rue.Nous rentrions de missions, j’avais été averti par la relève, qu’un gars du pays était arrivé dans la piaule, mais je ne savais pas encore son nom.

Et là surprise je me retrouve face à mon voisin du village et de la même rue, Roger! se retrouver à des milliers de km de chez nous et dans la même chambrée, on peut imaginer quelle joie. Mais aussi en métropole pour nos familles cela les rassurait de nous savoir dans le même bataillon.On peut imaginé les conversations quant les mères se rencontraient dans la rue, bonjour Catherine alors vous avez des nouvelles de nos soldats et vice-versa<oui nous avons reçu une carte il y a trois jours il dit que tout va bien qu’il fait beau même chaud,

d’ailleurs il dit toujours que tout va bien, mais il lui tarde quand même de rentrer au pays ><vous avez entendu à la radio aux informations ils ont dit qu’il y avait encore eu des attentats et des morts parmi les militaires et les civils> (il n’y avait pas encore la télé dans les maisons pour diffuser les images) . J’ai été libéré le 06 janvier 1963 et Roger deux mois plus tard. Chacun de son coté à repris sa vie active et nous a éloigné, les mariages, les enfants a élevés, la famille et tout le quotidien de la vie. Mais aujourd’hui 62 ans sont passés, et nous nous retrouvons tous les deux grand-père retraités, à trainer nos godasses, toujours dans le même village et dans la même rue. Et quand nos regards se croisent, même avant de s’adresser la parole, un souvenir surgit dans nos pensées, <tu te souviens là-bas, à Bou-hanifia!> Ce souvenir qui est gravé à tout jamais dans nos mémoires .

Hommage à ces milliers de jeunes appelés qui ont perdu la vie, les Harkis, tous ceux qui sont revenus blessés.Tous les civils des deux cotés, Européens et Algériens, qui ont tout perdu, pour la stupidité de la guerre.

Hubert Lacoste

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